03 juillet 2019, fin d'année scolaire après-demain. Nettoyer mon ordi des gros fichiers photos, préparer la virée plein sud avec Tudy qui vient de boucler les épreuves du DNB pour choper une mention. Mon plus jeune fils tombe de l'armoire lorsque je lui dis que quasiment jour pour jour il y 50 ans j'ai été reçu à son équivalent, le BEPC, avec 0,5/20 en maths. Cétait alors un examen terminal plutôt sélectif permettant à 16 ans de décrocher un emploi avec pour les ambitieux la perspective de faire carrière par la suite... Pour les bons élèves de 2019 ? C'est juste viser un score maximum pour décrocher une mention pour se rassurer avant le saut au Lycée puis se chambrer entre copains à la plage avant le départ en vacances. On regardera mon fils et moi quelques matchs de foot avant de piquer vers l'Espagne. Tels Suède-Pays-Bas en demi-finale puis USA vs ? La CAN aussi où les Zébus malgaches font un beau parcours, pas de photos de gamins malgaches disputant une partie de"foot sauvage" sur une place ou une plage. A la place ? La petite vendeuse de fagots sur la ligne ferroviaire FCE à Madagascar en octobre 2011 entre Fiana' et Manakara.
Quelques photos et gribouillages de Mayotte, Madagascar ou ailleurs. L'Océan Indien et ses îles.
mercredi 3 juillet 2019
dimanche 3 juillet 2016
M'tsanga Fomboni
Ce dimanche de février 2012 sur la plage de Fomboni on lézarde entre copains après une sortie en kayak ou un pique-nique au soleil...
Nos élèves bien sûr jouent au foot sur une bande de sable que la marée montante grignote peu à peu. Leurs buts ? Deux tiges de bambou fichées dans le sable. Mon compact me quitte rarement et je mitraille comme d'habitude. Il me faudra plus de trois ans pour scruter le dossier "Plage février 2012" et y repérer quelques photos potables. A droite sur la presqu'île, on devine les toits blancs de notre collège.
dimanche 12 juillet 2015
Walking on the moon
Ahmed notre guide (un chic type) avec Caroline ma camarade de trek au sommet du Karthala (2361 mètres au dessus du niveau de la mer) le 18 octobre 2010 à 12 h 35 après 6 heures de marche éreintante. Nous étions venus pour ça, ceci dit !
mercredi 18 mars 2015
Le retour de Baraka
Après avoir quitté Ahmed M., on fait quelques emplettes et, regagnant le Jardin de la Paix (la cantine pour expats' des ONG et touristes) pour notre dîner, on voit de jeunes types très excités escalader les poteaux électriques pour y tendre des banderoles de tissu orange à longueur de boulevards.
Des bagnoles fatiguées pavoisées sillonnent alors Moroni à toute allure en klaxonnant. Conducteurs et passagers vêtus d'orange agitent des drapeaux. De jolies gazelles en équilibre précaire, fessier sur la portière, crient leur bonheur: leur champion revient plus tôt que prévu !
Baraka était en France depuis trois semaines. Pourquoi ce retour précipité ? Un vénérable "foundi",exégète musulman unanimement respecté, vient de rendre l'âme. Il est impératif que tous les politiques soient présents lors de ses funérailles. Le candidat orange et son escorte regagnent donc en toute hâte Moroni. Or, les bisbilles politiques à Moroni, il y a quelques années encore, ça se réglait à l' AK-47 Kalashnikov, on bouclait parfois un quartier "dissident", il y avait des bavures etc. Je me reporte aux notes de mon carnet Moleskine 2010 pour l'ambiance ce soir là.
"Tension perceptible durant la soirée. Serveur et passants devant le restau'. Comment l'Albinos va-t-il accueillir son adversaire ? Le lendemain sur la corniche, nous verrons passer toutes sirènes hurlantes des "command-cars" de la Police encadrant le convoi de Baraka...
Quelle différence avec "le Parrain" ? Les "padrone" comoriens roulent ,eux aussi, en Lincoln mais ce sont des 4 x 4 "Navigator" noirs à vitres fumées. Tout comme les pick-up japonais de la Police à la pimpante livrée "havane" métallisée, ces rutilantes voitures "officielles" sont souvent dépourvues de plaque minéralogique. Signe d'une époque moins troublée que naguère ? Les hommes de l'escorte sont légèrement armés, quelques armes de poing restant à la ceinture, aucun AK-47 brandi vers le ciel."
L'élection ? Jetons dessus un voile pudique...Baraka l'emportera avec un slogan "La paix d'abord" qui ne l'empêchera pas de gagner assez vite le surnom de "catcheur-boxeur". Ses contradicteurs ont intérêt, semble-t-il, à maîtriser les règles du "Noble art" du neuvième Marquis de Queensberry: ses meetings tournent parfois au pugilat y compris à Aubervilliers en septembre dernier par exemple.
Ah, oui ! Un Lincoln "Navigator" avec son moteur V8 de 300 CV vaut en 2010 entre 60 000 et 70 000 US $. Ce tank consomme entre 15 et 20 litres de "SP 98" au 100 km. Le revenu moyen annuel aux Comores à la même époque est "estimé" à environ 600 $ selon la méthode Atlas de la Banque Mondiale en l'absence de stats' fiables depuis 2005 !
Des bagnoles fatiguées pavoisées sillonnent alors Moroni à toute allure en klaxonnant. Conducteurs et passagers vêtus d'orange agitent des drapeaux. De jolies gazelles en équilibre précaire, fessier sur la portière, crient leur bonheur: leur champion revient plus tôt que prévu !
Baraka était en France depuis trois semaines. Pourquoi ce retour précipité ? Un vénérable "foundi",exégète musulman unanimement respecté, vient de rendre l'âme. Il est impératif que tous les politiques soient présents lors de ses funérailles. Le candidat orange et son escorte regagnent donc en toute hâte Moroni. Or, les bisbilles politiques à Moroni, il y a quelques années encore, ça se réglait à l' AK-47 Kalashnikov, on bouclait parfois un quartier "dissident", il y avait des bavures etc. Je me reporte aux notes de mon carnet Moleskine 2010 pour l'ambiance ce soir là.
"Tension perceptible durant la soirée. Serveur et passants devant le restau'. Comment l'Albinos va-t-il accueillir son adversaire ? Le lendemain sur la corniche, nous verrons passer toutes sirènes hurlantes des "command-cars" de la Police encadrant le convoi de Baraka...
Quelle différence avec "le Parrain" ? Les "padrone" comoriens roulent ,eux aussi, en Lincoln mais ce sont des 4 x 4 "Navigator" noirs à vitres fumées. Tout comme les pick-up japonais de la Police à la pimpante livrée "havane" métallisée, ces rutilantes voitures "officielles" sont souvent dépourvues de plaque minéralogique. Signe d'une époque moins troublée que naguère ? Les hommes de l'escorte sont légèrement armés, quelques armes de poing restant à la ceinture, aucun AK-47 brandi vers le ciel."
L'élection ? Jetons dessus un voile pudique...Baraka l'emportera avec un slogan "La paix d'abord" qui ne l'empêchera pas de gagner assez vite le surnom de "catcheur-boxeur". Ses contradicteurs ont intérêt, semble-t-il, à maîtriser les règles du "Noble art" du neuvième Marquis de Queensberry: ses meetings tournent parfois au pugilat y compris à Aubervilliers en septembre dernier par exemple.
Ah, oui ! Un Lincoln "Navigator" avec son moteur V8 de 300 CV vaut en 2010 entre 60 000 et 70 000 US $. Ce tank consomme entre 15 et 20 litres de "SP 98" au 100 km. Le revenu moyen annuel aux Comores à la même époque est "estimé" à environ 600 $ selon la méthode Atlas de la Banque Mondiale en l'absence de stats' fiables depuis 2005 !
1 Président et 4 Gouverneurs moins 1
On finit par se poser dans un petit snack sur le port pour un repas rapide accompagné d'un soda. Lézardant en terrasse, j'entends un Comorien à l'intérieur du bar faire un topo bien carré sur la situation politique et économique locale et les enjeux de l' élection toute proche du président de l'Union et des gouverneurs de chaque île.
Son français est excellent contrairement à celui de son interlocuteur, un Anglo-saxon. Le Comorien inconnu ? C'est le correspondant de RFI aux Comores, Ahmed M. , je le rencontrerai pour de bon le lendemain grâce à Abi, son frère, ancien étudiant à Nantes et donc supporter à tout jamais des Canaris. Question foot pourtant l'archipel tient en général pour l'OM avec quelques rares dissidents pro-PSG...
Ahmed me confie alors qu'hier, comme cela lui arrive assez souvent, on l'a prié d'éclairer la lanterne d'un haut fonctionnaire envoyé par un organisme international pour une virée de quelques jours dans l'archipel. Ces experts en mission d'évaluation rencontrent dix ou quinze Comoriens "représentatifs", rédigent un rapport puis s'envolent vers l'Europe, le Japon ou les USA. Ahmed ne se fait plus aucune illusion sur les retombées concrètes de ces visites. Il ne leur en veut même pas à ces Wazungu en tournée pétris de bonnes intentions: "Comment pourraient-ils comprendre en si peu de temps ce qui ne va pas ici ? Nous-mêmes ? On y arrive à peine !"
Il s'agit donc de renouveler les gouverneurs d'Anjouan, Moheli et Ngazidja et le Président de l'Union. A Mayotte ? Pas d'élection bien évidemment: c'est une Communauté territoriale d'Outre-Mer et donc de facto un confetti ultramarin français même si l'Etat comorien et l'Union africaine le contestent.
A Mayotte, c'est M. Le Préfet Derrache qui représente Paris et le Conseil Général qui exprime la volonté populaire sortie d'urnes tricolores. Là où ça se complique ? C'est que la Constitution comorienne impose une présidence tournante. Deux présidents (Ngazidja et Anjouan) se sont succédé et l'on s'apprête à porter au pouvoir un Mohelien. La fois prochaine ? C'est obligatoirement un Mahorais qui doit accéder à la magistrature suprême ! Ca ne devrait pas poser de problèmes pratiques pour trouver des candidats éligibles car de nombreux habitants de l'archipel (Mahorais ou Comoriens) sont au moins bi-nationaux mais ça risque d'être un peu baroque. D'ici là le 976 sera devenu le 101ème département de la République Française ! On ne risque pas d'y voter pour la présidentielle comorienne !
En attendant en ce 15 octobre 2010, les deux candidats qui s'opposent farouchement sont Mouigni Baraka candidat "orange" et Abdouloihabi, candidat "bleu" et gouverneur sortant bien décidé à rester en place. Là où ça se complique, une fois encore ? C'est que l'un et l'autre font partie de la "Mouvance présidentielle", proches de Sambi le président sortant. Compliqué ? Oui, mais finalement pas plus que les relations Coppé-Fillon en 2012 ou Aubry-Hollande au moment de leur primaire, non ?
Pour le moment, seul l'Albinos (surnom d'Abdouloihabi) fait campagne ici. Baraka, lui est en France visitant avec sa suite la Diaspora de Marseille, Rennes ou ailleurs mais il va rappliquer vite fait !
Son français est excellent contrairement à celui de son interlocuteur, un Anglo-saxon. Le Comorien inconnu ? C'est le correspondant de RFI aux Comores, Ahmed M. , je le rencontrerai pour de bon le lendemain grâce à Abi, son frère, ancien étudiant à Nantes et donc supporter à tout jamais des Canaris. Question foot pourtant l'archipel tient en général pour l'OM avec quelques rares dissidents pro-PSG...
Ahmed me confie alors qu'hier, comme cela lui arrive assez souvent, on l'a prié d'éclairer la lanterne d'un haut fonctionnaire envoyé par un organisme international pour une virée de quelques jours dans l'archipel. Ces experts en mission d'évaluation rencontrent dix ou quinze Comoriens "représentatifs", rédigent un rapport puis s'envolent vers l'Europe, le Japon ou les USA. Ahmed ne se fait plus aucune illusion sur les retombées concrètes de ces visites. Il ne leur en veut même pas à ces Wazungu en tournée pétris de bonnes intentions: "Comment pourraient-ils comprendre en si peu de temps ce qui ne va pas ici ? Nous-mêmes ? On y arrive à peine !"
Il s'agit donc de renouveler les gouverneurs d'Anjouan, Moheli et Ngazidja et le Président de l'Union. A Mayotte ? Pas d'élection bien évidemment: c'est une Communauté territoriale d'Outre-Mer et donc de facto un confetti ultramarin français même si l'Etat comorien et l'Union africaine le contestent.
A Mayotte, c'est M. Le Préfet Derrache qui représente Paris et le Conseil Général qui exprime la volonté populaire sortie d'urnes tricolores. Là où ça se complique ? C'est que la Constitution comorienne impose une présidence tournante. Deux présidents (Ngazidja et Anjouan) se sont succédé et l'on s'apprête à porter au pouvoir un Mohelien. La fois prochaine ? C'est obligatoirement un Mahorais qui doit accéder à la magistrature suprême ! Ca ne devrait pas poser de problèmes pratiques pour trouver des candidats éligibles car de nombreux habitants de l'archipel (Mahorais ou Comoriens) sont au moins bi-nationaux mais ça risque d'être un peu baroque. D'ici là le 976 sera devenu le 101ème département de la République Française ! On ne risque pas d'y voter pour la présidentielle comorienne !
En attendant en ce 15 octobre 2010, les deux candidats qui s'opposent farouchement sont Mouigni Baraka candidat "orange" et Abdouloihabi, candidat "bleu" et gouverneur sortant bien décidé à rester en place. Là où ça se complique, une fois encore ? C'est que l'un et l'autre font partie de la "Mouvance présidentielle", proches de Sambi le président sortant. Compliqué ? Oui, mais finalement pas plus que les relations Coppé-Fillon en 2012 ou Aubry-Hollande au moment de leur primaire, non ?
Pour le moment, seul l'Albinos (surnom d'Abdouloihabi) fait campagne ici. Baraka, lui est en France visitant avec sa suite la Diaspora de Marseille, Rennes ou ailleurs mais il va rappliquer vite fait !
lundi 16 mars 2015
Couturières "retouchées"
Grâce à mon copain Gérard, très efficace pour ce qui est du post-traitement sous Photoshop...A cause de ces maudits champignons qui proliféraient dans mon objectif, les hautes lumières étaient "cramées": reflets sur les visages, détails absents sur la tunique blanche. Bravo Gérard ! C'est du grand art !
dimanche 15 mars 2015
Washonaji (les couturières)
On se perd très vite, Caroline et moi, dans ses ruelles silencieuses sous le soleil. On croise quelques gamins de dix ou douze ans qui parlent un français fluide avec un plaisir évident. On y boit un thé au gingembre décoiffant sous les effigies de Sambi le président sortant et de l'émir du Qatar (un beauf à la Cabu à l'air pas commode et coiffé d'une sorte de torchon ). Dès nos premiers pas trois petites couturières nous invitent à visiter l'atelier et à les photographier.
Nous ne croiserons pratiquement pas de touristes durant notre séjour. D'après les notes griffonnées alors sur mon Moleskine "anno 2010" ? Tous les Comoriens alors rencontrés sont accueillants, souriants, franchement décontractés et souvent railleurs à l'égard des dirigeants de cette Union des Comores (autrefois RFIC: République Fédérale Islamique des Comores) dont le président Sambi est surnommé l'Ayatollah. Je comprends pourquoi en lisant "Albalad" quotidien comorien à capitaux du Golfe qui possède aussi une édition mahoraise. Sambi y trône en "une" nippé comme un théocrate iranien: turban vert, robe noire, barbe blanche bien taillée. Saoudiens, Iraniens, Lybiens, Emiratis se tirent donc la bourre aux Comores inondant l'archipel de pétrodollars et d'aide alimentaire. Ce n'est pas du goût de tout le monde ici.
Près de notre hôtel deux énormes bombages en français sur la corniche au-dessus du port: "UA,10 ans de crise " qui dénonce l'impéritie de l'Union Africaine (ex-OUA) et "Les Arabes dehors !" Contrairement aux éructations du FN en France, pas d'islamophobie ici: les Comoriens en ont juste "un tout petit peu marre" des ingérences diverses et de "l'aide" des uns ou des autres, rarement désintéressée et souvent détournée...
Pour l'anecdote ? J'achèterai dans un dukan (boutique en tôle) un sachet de dattes (excellentes) frappé du sceau vert du Royaume d'Arabie Saoudite et portant la mention "Gift of the Kingdom of Saudi Arabia to The Comorian People"...
mercredi 11 mars 2015
Karibu Ngazidja
Atterrissage assez acrobatique donc sur l'Aéroport International de Moroni en Grande Comore. Construit et géré par des Chinois de la PRC, l'aéroport fait la fierté des Comoriens qui vomissent leurs hommes politiques corrompus: les Chinois ont tout importé hormis le sable et l'eau, impossible de gratter pour alimenter un compte en Suisse... Bien joué ! On quitte l'aéroport et traverse un immense parking flambant neuf et totalement désert aux normes "UE" pour déboucher sur une route aux talus de pierre volcanique bien noire où l'on attend, sac au dos, un taxi...
Je prends ma première photo des Comores.Vive le format carré !
Pas très piquée la photo, bien que l'objectif soit un très honnête zoom Sygma 18-35 mm ? Je découvrirai assez vite pourquoi: il est farci de moisissure tropicale. Verdict ? Poubelle !
J'apprends que, sous le Tropique du Capricorne, il faut nettoyer, inspecter souvent boîtier et objectifs car ces cochonneries de champignons se logent partout (entre les lentilles, dans les viseurs, sur les capteurs des appareils numériques) M. Martinez, réparateur brestois, réussira à nettoyer un objectif et une intervention en SAV sous garantie sauvera mon compact. Je finis par découvrir par hasard que l'odeur "assez forte" de mon coffre indien en bois de margousier n'éloigne pas seulement les insectes mais aussi les méchants fungi. J'y stockerai désormais ma quincaillerie.
Je prends ma première photo des Comores.Vive le format carré !
Pas très piquée la photo, bien que l'objectif soit un très honnête zoom Sygma 18-35 mm ? Je découvrirai assez vite pourquoi: il est farci de moisissure tropicale. Verdict ? Poubelle !
J'apprends que, sous le Tropique du Capricorne, il faut nettoyer, inspecter souvent boîtier et objectifs car ces cochonneries de champignons se logent partout (entre les lentilles, dans les viseurs, sur les capteurs des appareils numériques) M. Martinez, réparateur brestois, réussira à nettoyer un objectif et une intervention en SAV sous garantie sauvera mon compact. Je finis par découvrir par hasard que l'odeur "assez forte" de mon coffre indien en bois de margousier n'éloigne pas seulement les insectes mais aussi les méchants fungi. J'y stockerai désormais ma quincaillerie.
dimanche 8 mars 2015
Journée de la Femme
C'est aujourd'hui ! J'en connais pas mal qui l'auraient saumâtre d'apprendre qu'on doit cette célébration à Vladimir Ilitch Lénine voulant honorer les femmes de Petrograd, fer de lance des manifestations de 1917 !
En hommage aux femmes de tous les pays, le sourire comorien d'une "femme debout" pour marquer cette journée... Ne lâche rien Chantal !
En hommage aux femmes de tous les pays, le sourire comorien d'une "femme debout" pour marquer cette journée... Ne lâche rien Chantal !
samedi 7 mars 2015
Comoros
Le 15 octobre 2010, je quitte pour la première fois Mayotte.
Contrairement à la plupart des collègues qui filent vers Madagascar et plus particulièrement Nosy Be, je choisis les Comores. Je comptais d'abord passer mes congés à Moheli, la plus petite et la plus roots des trois îles qui composent l'Union islamique des Comores, 3 îles de facto mais quatre îles pour les Comoriens pour lesquels Mayotte fait bien partie intégrante de l'Union...
Plus de places de bateau ou d'avion pour Moheli ! Je choisis donc de prendre un vol pour la Grande Comore (Ngazidja) attiré par le volcan du Karthala et par ce que m'avait dit Hussein, croisé au Centre de tri du Landy trente ans plus tôt . Hussein de Ngazidja "un peu" grillé suite à un des multiples coups d'état suite à l'Indépendance des années 70 avait réussi à rejoindre la France et y devenir postier. La dernière fois que je l'ai vu, c'était quelques années plus tard au Salon de la photo avec un beau Leica R en sautoir. Encore un photographe ! C'est lui qui m'a appris mes premiers mots de shingazidja (dialecte de Grande Comore). Arrivé à l'aéroport ? Caroline et moi découvrons un "magnifique" bimoteur à hélices tchécoslovaque Let-L 410 19 places. Une fois à bord ? Vague odeur de kérosène, toilettes inaccessibles ("on" a entassé les sacs à dos d'une douzaine de randonneurs devant la porte et maintenu la pile en place grâce à un filet), armature des sièges en tube de chauffage, un des panneaux du capitonnage de la carlingue s'est fait la malle etc.
Décollage laborieux puis, après un vol sans histoire au-dessus du détroit et d'Anjouan, posé "un peu" acrobatique à Moroni. Les deux pilotes un Africain et un grand slave blond qui a dû piloter des Mig dans une vie antérieure assurent, heureusement !
Ce modèle de Let à hélices tripales est un des plus anciens, il remonte au début des années 70 bien avant la chute du Mur de Berlin. (photo courtesy of Caroline Le Guirriec).
En rentrant à Mayotte, je découvre en lisant "Jeune Afrique" du mois qu'un Let identique s'est écrasé en août dernier à Bandudu en RDC alors qu'il allait se poser. L'enquête officielle conclut d'abord à une panne d'essence, laissant entendre que l'avion était "fula-fula" (une poubelle). L'épouse du pilote-directeur belge de la compagnie Filair affirme,elle, que l'appareil a été saboté son mari étant l'objet de menaces de mort et "Jeune Afrique" donne une autre version, à peine croyable: un passager transportait un petit crocodile vivant dans un sac de sport (Lacoste ? je n'ai pas pu m'en empêcher, désolé) et l'animal se serait échappé, provoquant la fuite de l'hôtesse et des passagers vers le poste de pilotage. Déséquilibré, l'avion serait alors tombé en vrille. Les enquêteurs auraient obtenu ces informations du seul ou de la seule survivant(e)...
J.A. affirme par ailleurs que le croco qui n'était pas tout à fait mort, lui, aurait été occis à coups de machette par les sauveteurs. Pour ceux qui croient je galèje ? L'article de J.A. est toujours accessible sur la Toile !
Contrairement à la plupart des collègues qui filent vers Madagascar et plus particulièrement Nosy Be, je choisis les Comores. Je comptais d'abord passer mes congés à Moheli, la plus petite et la plus roots des trois îles qui composent l'Union islamique des Comores, 3 îles de facto mais quatre îles pour les Comoriens pour lesquels Mayotte fait bien partie intégrante de l'Union...
Plus de places de bateau ou d'avion pour Moheli ! Je choisis donc de prendre un vol pour la Grande Comore (Ngazidja) attiré par le volcan du Karthala et par ce que m'avait dit Hussein, croisé au Centre de tri du Landy trente ans plus tôt . Hussein de Ngazidja "un peu" grillé suite à un des multiples coups d'état suite à l'Indépendance des années 70 avait réussi à rejoindre la France et y devenir postier. La dernière fois que je l'ai vu, c'était quelques années plus tard au Salon de la photo avec un beau Leica R en sautoir. Encore un photographe ! C'est lui qui m'a appris mes premiers mots de shingazidja (dialecte de Grande Comore). Arrivé à l'aéroport ? Caroline et moi découvrons un "magnifique" bimoteur à hélices tchécoslovaque Let-L 410 19 places. Une fois à bord ? Vague odeur de kérosène, toilettes inaccessibles ("on" a entassé les sacs à dos d'une douzaine de randonneurs devant la porte et maintenu la pile en place grâce à un filet), armature des sièges en tube de chauffage, un des panneaux du capitonnage de la carlingue s'est fait la malle etc.
Décollage laborieux puis, après un vol sans histoire au-dessus du détroit et d'Anjouan, posé "un peu" acrobatique à Moroni. Les deux pilotes un Africain et un grand slave blond qui a dû piloter des Mig dans une vie antérieure assurent, heureusement !
Ce modèle de Let à hélices tripales est un des plus anciens, il remonte au début des années 70 bien avant la chute du Mur de Berlin. (photo courtesy of Caroline Le Guirriec).
En rentrant à Mayotte, je découvre en lisant "Jeune Afrique" du mois qu'un Let identique s'est écrasé en août dernier à Bandudu en RDC alors qu'il allait se poser. L'enquête officielle conclut d'abord à une panne d'essence, laissant entendre que l'avion était "fula-fula" (une poubelle). L'épouse du pilote-directeur belge de la compagnie Filair affirme,elle, que l'appareil a été saboté son mari étant l'objet de menaces de mort et "Jeune Afrique" donne une autre version, à peine croyable: un passager transportait un petit crocodile vivant dans un sac de sport (Lacoste ? je n'ai pas pu m'en empêcher, désolé) et l'animal se serait échappé, provoquant la fuite de l'hôtesse et des passagers vers le poste de pilotage. Déséquilibré, l'avion serait alors tombé en vrille. Les enquêteurs auraient obtenu ces informations du seul ou de la seule survivant(e)...
J.A. affirme par ailleurs que le croco qui n'était pas tout à fait mort, lui, aurait été occis à coups de machette par les sauveteurs. Pour ceux qui croient je galèje ? L'article de J.A. est toujours accessible sur la Toile !
mercredi 11 février 2015
Vacances enfin
Bon, ici c'est toujours la course du rat fauché car toujours pas payé (pour ceux qui suivent depuis le début) !
Des remplacements loin de la case, des collègues parfois très tendus.
La Bretagne, dès la reprise en janvier ou quasi, était déjà en situation d'épidémie et de nombreux collègues ou leurs gamins alités en proie à différents virus. Remplacements bien lourds donc hors circonscription comme à Carhaix (172 km par jour mais sur place il y a d'excellentes tables) ou dans nos Appalaches... Des heures de route, des emplois du temps à la mords-moi le noeud en raison des nouveaux rythmes scolaires, des gamins décalqués en fin de semaine pour la même raison et qui passent leur temps à se demander s'ils ont ou pas "TAP" (temps d'activités périscolaires) aujourd'hui. Tudy 11 ans, mon plus jeune fils, refuse désormais les TAP: il n'a jamais pu obtenir les activités qui l'intéressaient (gym' et théâtre).
Un récent sondage syndical sur ces nouveaux rythmes est pourtant sans appel 75% des collègues interrogés sont contre. Les raisons en sont multiples et je les partage toutes. Dès fin 2013 et l'enquête que ce syndicat avait commandée à Louis Harris les instits manquaient d'enthousiasme: notre temps de présence à l'école a augmenté (pause plus longue le midi, mercredi matin travaillé), les "TAP" se résument parfois à une garderie périscolaire assurée par un personnel communal contraint et le bénéfice chrono-biologique de ce nouveau découpage ne saute pas aux yeux, loin de là...Mais rien ne changera, j'en suis sûr.
A Ramena, Région de Dana à Madagascar, à l'école des Lionceaux, pas de TAP ni de nouveaux rythmes scolaires.
Des remplacements loin de la case, des collègues parfois très tendus.
La Bretagne, dès la reprise en janvier ou quasi, était déjà en situation d'épidémie et de nombreux collègues ou leurs gamins alités en proie à différents virus. Remplacements bien lourds donc hors circonscription comme à Carhaix (172 km par jour mais sur place il y a d'excellentes tables) ou dans nos Appalaches... Des heures de route, des emplois du temps à la mords-moi le noeud en raison des nouveaux rythmes scolaires, des gamins décalqués en fin de semaine pour la même raison et qui passent leur temps à se demander s'ils ont ou pas "TAP" (temps d'activités périscolaires) aujourd'hui. Tudy 11 ans, mon plus jeune fils, refuse désormais les TAP: il n'a jamais pu obtenir les activités qui l'intéressaient (gym' et théâtre).
Un récent sondage syndical sur ces nouveaux rythmes est pourtant sans appel 75% des collègues interrogés sont contre. Les raisons en sont multiples et je les partage toutes. Dès fin 2013 et l'enquête que ce syndicat avait commandée à Louis Harris les instits manquaient d'enthousiasme: notre temps de présence à l'école a augmenté (pause plus longue le midi, mercredi matin travaillé), les "TAP" se résument parfois à une garderie périscolaire assurée par un personnel communal contraint et le bénéfice chrono-biologique de ce nouveau découpage ne saute pas aux yeux, loin de là...Mais rien ne changera, j'en suis sûr.
A Ramena, Région de Dana à Madagascar, à l'école des Lionceaux, pas de TAP ni de nouveaux rythmes scolaires.
samedi 11 octobre 2014
Piste longue 976 ?
Encore une "promesse non tenue" par le nain de Neuilly ou ses afficionados locaux ! C' aurait permis aux Boeing d'Air Austral de décoller de Mahoré avec leur pleine charge de kérosène en toute sécurité et donc de raccourcir considérablement la durée du voyage vers Paris CDG.
En attendant cette hypothétique extension, Air Austral nous avait promis néanmoins un vol direct Dzaoudzi - Paname et inondé Mayotte de pubs bien comme il faut en 4 x 3 ! L'Etat (le contribuable, autrement dit) avait bien sûr injecté illico ce qu'il fallait de fonds publics pour "remotoriser" les "triple 7" d'Air austral (une compagnie aérienne privée réunionnaise en situation de quasi monopole à cette date) mais il aurait fallu, semble-t-il, raser aussi quelques bâtiments (dont une mosquée dans l'axe de la piste...Impensable) pour décoller de la piste actuelle en toute sécurité. "A.A." aura donc bénéficié de fonds publics français pour offrir un "refit" * haut-de-gamme à ses longs-courriers Boeing (made in Seattle, USA). Les seuls Airbus 330 qui se posent à Dzaoudzi sont ceux de Corsair.
Un ou deux mois avant notre "vol direct" Air Austral se bornera à m' adresser un mail très bref pour m'annoncer que je ferai, comme d'habitude, escale à La Run'. Seuls les Wazungu très casse-pieds obtiendront de haute lutte un petit geste commercial de la part d' Air Austral. Pour le coup, il s'agissait pourtant d'une publicité très mensongère !
* "refit ": (anglicisme surtout utilisé dans le domaine aéronautique). Modification technique importante (motorisation, informatique embarquée, radar) visant à prolonger la durée de vie et augmenter les performances d'un appareil.
En attendant cette hypothétique extension, Air Austral nous avait promis néanmoins un vol direct Dzaoudzi - Paname et inondé Mayotte de pubs bien comme il faut en 4 x 3 ! L'Etat (le contribuable, autrement dit) avait bien sûr injecté illico ce qu'il fallait de fonds publics pour "remotoriser" les "triple 7" d'Air austral (une compagnie aérienne privée réunionnaise en situation de quasi monopole à cette date) mais il aurait fallu, semble-t-il, raser aussi quelques bâtiments (dont une mosquée dans l'axe de la piste...Impensable) pour décoller de la piste actuelle en toute sécurité. "A.A." aura donc bénéficié de fonds publics français pour offrir un "refit" * haut-de-gamme à ses longs-courriers Boeing (made in Seattle, USA). Les seuls Airbus 330 qui se posent à Dzaoudzi sont ceux de Corsair.
Un ou deux mois avant notre "vol direct" Air Austral se bornera à m' adresser un mail très bref pour m'annoncer que je ferai, comme d'habitude, escale à La Run'. Seuls les Wazungu très casse-pieds obtiendront de haute lutte un petit geste commercial de la part d' Air Austral. Pour le coup, il s'agissait pourtant d'une publicité très mensongère !
* "refit ": (anglicisme surtout utilisé dans le domaine aéronautique). Modification technique importante (motorisation, informatique embarquée, radar) visant à prolonger la durée de vie et augmenter les performances d'un appareil.
Je grève avec Caroline contre la Réforme des retraites...
Le jeudi 23 septembre 2010 nous manifestons comme en Métropole contre Sarko et alii qui repartent en guerre contre notre système de retraite ! Ma collègue Caroline m'embarque (je n'ai pas de voiture) et on part pour Mamoudzou pour un défilé bord de mangrove sur quelques centaines de mètres.
Elle et moi allons "gréver" pour la première fois et donc défiler de la Place de la République jusqu'au rond-point "SFR" (Al Farouk). On s'en amuse et depuis ce jour-là, je conjugue le verbe "gréver" à tous les temps et tous les modes...
lundi 6 octobre 2014
ESI (étrangères en situation irrégulière)
Un dimanche matin à la mi-septembre 2010, deux petites voisines "sans-papiers" viennent me demander de leur tirer le portrait. A moi, le Mzungu du "Quartier collège" d'Hamjago qui prend tout le temps des photos. Une photo ? Ca veut dire s'étonner devant leurs frimousses sur le minuscule écran de mon compact en riant aux éclats puis me remercier et partir en courant en agitant la main...
Dans moins d'un mois ? Elles et toute leur famille, en situation irrégulière depuis bientôt dix ans, seront raflées virilement par des Mobiles au petit matin puis expulsées vers les Comores.
Seul leur frère Warchi, un de mes élèves de 4ème G, échappera à la rafle. Nous tenterons de le convaincre de rejoindre parents et fratrie en Anjouan mais sans succès. Quelques profs et Sully L. (le principal adjoint) feront de leur mieux pour l'assister jusqu'à son départ du bahut en juin 2012. On l'accompagnera au dispensaire, prêts à se friter avec qui lui réclamerait abusivement 10 € pour la consultation et le collège prendra en charge tenue de sport et autres...
Je pensais ce matin-là tout comme le responsable du RESFIM (Réseau Education Sans Fontières Mayotte) que Warchi devait rejoindre les siens. On peut se tromper, Warchi était un gros garçon assez mou en 2010. Je le revois peu avant mon retour définitif en Métropole. Il s'en est plutôt bien sorti. Un exemple de résilience sans doute. Hébergé par une parente dans la dèche, Warchi a mûri, minci et a manifestement du plomb dans la tête. Bonne chance, Warchi Salim !
samedi 4 octobre 2014
Affinités électives.
Ce qu'il y a de bien quand on pose son sac sur le tarmac bouillant de Dzaoudzi à 10 000 km de l' Hexagone et donc plus ou moins désorienté, c'est qu'on n'est pas le seul à l'être ! J'étais bien seul et un peu paumé en ce qui me concerne...
Mais à Mayotte il est bien plus facile de faire des rencontres qu'en Bretagne et rapidement mes week-ends et mes soirées seront bien remplis. Week-ends ? Ce sera plage ou randonnées dans le malavuni (la cambrousse où poussent banane, manioc, songe etc.). En soirée ? Il me faudra assez vite faire le tri entre la convivialité de vrais potes et les intrusions des parasites et pour cela quitter le nord.
Ce jour-là ? Vendredi 10 septembre 2010: Patrice est un prof d'Histoire-Géo contractuel et son séjour n'est donc pas comme celui des titulaires de l'EN limité à quatre ans. Il a vécu longtemps à La Réunion et connaît bien la région et Mayotte aussi.
Première journée à la plage avec lui avec Caroline, une collègue de M'tsamboro, (ma future complice en routologie dans l'Austral aux Comores et à La Run') et une collègue du lycée du coin, "la Cité du Nord"...
L'eau est à 25 °C ou 26 ° C et j'ai l'impression de cuire au court-bouillon pour mon premier bain dans l'Indien. Les copains se mettent en mode "PMB" (palmes/masque/tuba) mais c'est pas pour moi: piètre nageur et surtout dépourvu de sinus frontal droit bien des beautés sous-marines du 976 me resteront interdites à tout jamais et je regagne sagement le sable.
Ce jour-là ? C'est "idylle carte postale tropicale". Un pique-nique bord de mer où le soleil darde, du bouquinage et une sieste à l'ombre pour ma pomme alors que les autres testent masque, tuba et palmes et s'en mettent plein la vue "underwater".
Habitué depuis 1994 à fêter par un bain à minuit le nouvel an à poil en BZh, je me demande si je vais supporter la température dans le lagon au quotidien.
Rassurez-vous, je vais frissonner assez vite...Quand les alizés souffleront sur M'tsamboro à partir de mai 2011 j'aurai du mal à me baquer dans une eau à 21 ou 23 ° C, moi qui pourtant pouvais naguère nager un matin de septembre à Bjertnesvangen (Norvège) ou faire ma toilette dans un torrent pyrénéen en août (environ 5 ° C dans les deux cas).
Petits arrangements avec Allah.
Comme vous l'avez pu lire je suis arrivé à Mayotte en plein Carême. Pas facile d'y manger un morceau, surtout en brousse, avant le coucher du soleil (vers environ 18 h 00 toute l'année car à M'tsamboro on est à 12° 43 ' 02 " S de latitude).
Le restaurant Choizil (bon poisson) à Hamjago étant fermé, le Coco Lodge reste à midi la seule option pour le Mzungu qui n'a pas encore trouvé de case où il peut cuisiner. La fête de l'Aïd qui marque la fin du Ramadan aura lieu quelques jours après notre rentrée scolaire: sur les affiches 4 x 3 pour réseaux mobiles, électroménager ou supermarchés locaux qui célèbrent la fin du jeûne s'étalent en gros caractères "Bonne fête de l'Ide" (en VF et en police "pseudo calligraphie arabe").
Je mets longtemps à saisir que "Ide" c'est "Aïd". Première découverte d'un certain amateurisme des pubards locaux: ils font assez souvent de disgracieux bâtards à l'orthographe.
En cette fin de jeûne, sur des bangas apparaissent aussi de curieux calicots. Jusqu'ici je pensais que La Perla était une marque italienne de lingerie chic, très chère (et à fortes visées érectiles ?)...
Je découvre qu'à Mayotte un "gang" de "boss" fête la fin de cette purge où il doivent "faire semblant de" pendant 40 jours en proclamant leur dévotion à un des pires produits de la Politique Agricole Européenne: une immonde piquette de vino tinto en brique (Tetrapack TM) espagnole baptisée aussi "La Perla" ! Ils signent fièrement cette revendication de leur nom de guerre, le premier en haut à gauche c'est "M'bo", un des premiers mots de shimaoré qu'on apprend...Ca veut dire "bite" ! Et "Maji-Yatrou" ? Ca veut dire " Perla notre eau à nous"
Pour ma part ? Je testerai ce gros rouge espingouin "La Perla", par défi, comme j'ai pu le faire en goûtant le wasabi, les vers grillés etc. Immonde cette vinasse. Je n'y reviendrai jamais même pour cuisiner...
Le restaurant Choizil (bon poisson) à Hamjago étant fermé, le Coco Lodge reste à midi la seule option pour le Mzungu qui n'a pas encore trouvé de case où il peut cuisiner. La fête de l'Aïd qui marque la fin du Ramadan aura lieu quelques jours après notre rentrée scolaire: sur les affiches 4 x 3 pour réseaux mobiles, électroménager ou supermarchés locaux qui célèbrent la fin du jeûne s'étalent en gros caractères "Bonne fête de l'Ide" (en VF et en police "pseudo calligraphie arabe").
Je mets longtemps à saisir que "Ide" c'est "Aïd". Première découverte d'un certain amateurisme des pubards locaux: ils font assez souvent de disgracieux bâtards à l'orthographe.
En cette fin de jeûne, sur des bangas apparaissent aussi de curieux calicots. Jusqu'ici je pensais que La Perla était une marque italienne de lingerie chic, très chère (et à fortes visées érectiles ?)...
Je découvre qu'à Mayotte un "gang" de "boss" fête la fin de cette purge où il doivent "faire semblant de" pendant 40 jours en proclamant leur dévotion à un des pires produits de la Politique Agricole Européenne: une immonde piquette de vino tinto en brique (Tetrapack TM) espagnole baptisée aussi "La Perla" ! Ils signent fièrement cette revendication de leur nom de guerre, le premier en haut à gauche c'est "M'bo", un des premiers mots de shimaoré qu'on apprend...Ca veut dire "bite" ! Et "Maji-Yatrou" ? Ca veut dire " Perla notre eau à nous"
Pour ma part ? Je testerai ce gros rouge espingouin "La Perla", par défi, comme j'ai pu le faire en goûtant le wasabi, les vers grillés etc. Immonde cette vinasse. Je n'y reviendrai jamais même pour cuisiner...
dimanche 28 septembre 2014
Coco Lodge
L'adresse c'est www.cocolodge-mayotte.fr. C'est à M'tsamboro un peu dans les hauteurs.
Le patron, Sergio, est de Quimper et présent depuis longtemps à Mayotte. Six chambres, un bar et une belle terrasse qui domine M'tsamboro face au plus beau panorama de l'île.
Oui ! les Wazungu qui crèchent à M'tsamboro dont j'ai fait partie font parfois très vite preuve d'esprit de clocher...pardon d'esprit de minaret. Les îlots Choizil et l'îlot M'tsamboro, c'est "gravement beau" ! Pas vrai ?
Et le "Coco" ? C'est comment ? Un lit modèle "opium" made in Malaysia ou Indonesia , bonne literie sous moustiquaire et ventilateur. Bonne table (poisson local très frais avec sauce à vanille par exemple), bière bien fraîche et planteur bien tassé. J'y passerai une semaine et m'y ferai quelques potes pour le reste du séjour. J' y viendrai parfois corriger des copies quand colocataire marseillaise sans savoir-vivre ou vacarme des voisins m'empêcheront de travailler chez moi. J' y passerai en juin 2013, peu avant d'être viré, une belle soirée musicale métissée puis lèverai mon verre une dernière fois avec Sergio avant de ficher mon camp, contraint et forcé.
samedi 27 septembre 2014
Maharaba Sarkozy !
Merci Sarkozy ! (en shimaoré).
Sarko' est venu faire son petit tour à Mayotte pour draguer des voix en se posant en père de la "départementalisation" en janvier 2010 acclamé par les Mahorais et ouvrant une boîte de Pandore dont le 101éme département n'a pas fini de souffrir à mon avis !
Je me pose à Mayotte le 21 août 2010 en traînant ma camelote merdique de valise Made in People's Republic of China (28 kg quand même) et dont une des roulettes rend l'âme au bout de quelques mètres. J'arrive à Mamoudzou en plein Ramadan. J' y ai repéré quelques adresses dans le Petit Fûté 2010 pour y passer ma première nuit mais c'est "carême" et je trouve donc porte close. Un "taxi-ville" m'entube en finesse (5 fois le tarif) et me ramène à mon point de départ (l'embarcadère de la barge près du 5/5,bar fameux sur le port). Il a bien dû se marrer à mes dépens, le taximan, mais Allah punira ce fils de "m'bwa" (chien en swaheli)...
Je suis un vrai pied-tendre, totalement ridicule, et je pars en traînant cette valise lourde comme un âne mort vers Tzoundzou II que je rejoindrai à pied (6,5 km). Un réfugié politique africain (les guerres des Grands Lacs ont vidé la région de centaines de milliers de malheureux) m'aide à traîner mon bagage, me guide vers le "gabier" (distributeur automatique de billets) du rond-point du Baobab puis pointe son doigt vers Tzoudzou. Il vient du Rwanda ou du Burundi et porte un prénom qui sent fort le Père Blanc qui baptise l' indigène à la chaîne, un truc du genre "Jean de la Salle". Je ne l'ai jamais revu mais merci à lui du fond du coeur où qu'il soit ! Maharaba menge ! Jean de la Salle ? Le Vatican en a fait le saint patron des enseignants, éducateurs etc. Je ne me suis pas pour autant précipité à la petite chapelle près du building du Conseil Général.
Après "quelques" galères, je passerai la nuit à Tzoundzou II au Jardin Tropical, une bonne adresse où les gamins parlent couramment français et enrichissent mon lexique avec des termes locaux("varangue", "brèdes mafane"). Je dois rejoindre demain matin M'tsamboro à plus de 40 km au nord mais je viens de découvrir qu'il n'y a pas de réseau de transports en commun dans cette Collectivité d'Outre-Mer.
Une seule solution, le stop. Un couple de Wazungu me mène à un carrefour entre Combani et M'tsamboro, ce sont les premiers mauvais esprits, les premiers Métros' "dissidents" que je rencontrerai dans le 976, le garçon me donnera d'utiles conseils de lecture ("Comores-Mayotte, une histoire néo-coloniale" de P. Caminade aux Editions Agone). Les multiples coups tordus de la cellule françafricaine de l'Elysée que l'ouvrage rapporte sont si vicieux qu'on a du mal à s'y retrouver mais une chose est sûre: voilà un bouquin où les braves gens, Comoriens ou Français, brillent par leur absence.
A cette croisée de chemins, je passerai un couple d'heures avec quelques bwenis qui s'esclaffent et papotent joyeusement, je découvre qu'à Mayotte on n'échange pas en murmurant ! * * Une 205 rouge finit par s'arrêter. Parmi les passagers, il y a Sophie, la demi-soeur de Casimir (oui, oui, le Casimir de la télé !), "une chic fille" comme diraient Blake & Mortimer car le Britannique ne s'épanche pas.
Mon but ? Rejoindre le "Coco Lodge", unique possibilité d'hébergement dans le nord et situé dans la commune où je vais sévir. "Ca tombe bien." me dit la dame au volant: "On y va !" Arrivé là-bas, je pose mes affaires dans ma piaule, descends dans le village et y prends mes premières photos. Sarko' est passé 6 mois plus tôt et je suis bien dans un fief UMP : au-dessus du gamin maussade les propriétaires du douka * affichent fièrement leur allégeance !
* douka: (n.m.) boutique locale en torchis ou parpaings et toit en tôle ondulée. On y vend des doses de lessive ou de javel, des piles électriques, des clopes à l'unité, du riz par 25 kg, des sodas des Emirats qui vous donneraient le diabète rien qu'à regarder la cannette, des recharges de mobile ou de compteur électrique etc.
** "murmurant" : c'est une litote, pour le moins...
Sarko' est venu faire son petit tour à Mayotte pour draguer des voix en se posant en père de la "départementalisation" en janvier 2010 acclamé par les Mahorais et ouvrant une boîte de Pandore dont le 101éme département n'a pas fini de souffrir à mon avis !
Je me pose à Mayotte le 21 août 2010 en traînant ma camelote merdique de valise Made in People's Republic of China (28 kg quand même) et dont une des roulettes rend l'âme au bout de quelques mètres. J'arrive à Mamoudzou en plein Ramadan. J' y ai repéré quelques adresses dans le Petit Fûté 2010 pour y passer ma première nuit mais c'est "carême" et je trouve donc porte close. Un "taxi-ville" m'entube en finesse (5 fois le tarif) et me ramène à mon point de départ (l'embarcadère de la barge près du 5/5,bar fameux sur le port). Il a bien dû se marrer à mes dépens, le taximan, mais Allah punira ce fils de "m'bwa" (chien en swaheli)...
Je suis un vrai pied-tendre, totalement ridicule, et je pars en traînant cette valise lourde comme un âne mort vers Tzoundzou II que je rejoindrai à pied (6,5 km). Un réfugié politique africain (les guerres des Grands Lacs ont vidé la région de centaines de milliers de malheureux) m'aide à traîner mon bagage, me guide vers le "gabier" (distributeur automatique de billets) du rond-point du Baobab puis pointe son doigt vers Tzoudzou. Il vient du Rwanda ou du Burundi et porte un prénom qui sent fort le Père Blanc qui baptise l' indigène à la chaîne, un truc du genre "Jean de la Salle". Je ne l'ai jamais revu mais merci à lui du fond du coeur où qu'il soit ! Maharaba menge ! Jean de la Salle ? Le Vatican en a fait le saint patron des enseignants, éducateurs etc. Je ne me suis pas pour autant précipité à la petite chapelle près du building du Conseil Général.
Après "quelques" galères, je passerai la nuit à Tzoundzou II au Jardin Tropical, une bonne adresse où les gamins parlent couramment français et enrichissent mon lexique avec des termes locaux("varangue", "brèdes mafane"). Je dois rejoindre demain matin M'tsamboro à plus de 40 km au nord mais je viens de découvrir qu'il n'y a pas de réseau de transports en commun dans cette Collectivité d'Outre-Mer.
Une seule solution, le stop. Un couple de Wazungu me mène à un carrefour entre Combani et M'tsamboro, ce sont les premiers mauvais esprits, les premiers Métros' "dissidents" que je rencontrerai dans le 976, le garçon me donnera d'utiles conseils de lecture ("Comores-Mayotte, une histoire néo-coloniale" de P. Caminade aux Editions Agone). Les multiples coups tordus de la cellule françafricaine de l'Elysée que l'ouvrage rapporte sont si vicieux qu'on a du mal à s'y retrouver mais une chose est sûre: voilà un bouquin où les braves gens, Comoriens ou Français, brillent par leur absence.
A cette croisée de chemins, je passerai un couple d'heures avec quelques bwenis qui s'esclaffent et papotent joyeusement, je découvre qu'à Mayotte on n'échange pas en murmurant ! * * Une 205 rouge finit par s'arrêter. Parmi les passagers, il y a Sophie, la demi-soeur de Casimir (oui, oui, le Casimir de la télé !), "une chic fille" comme diraient Blake & Mortimer car le Britannique ne s'épanche pas.
Mon but ? Rejoindre le "Coco Lodge", unique possibilité d'hébergement dans le nord et situé dans la commune où je vais sévir. "Ca tombe bien." me dit la dame au volant: "On y va !" Arrivé là-bas, je pose mes affaires dans ma piaule, descends dans le village et y prends mes premières photos. Sarko' est passé 6 mois plus tôt et je suis bien dans un fief UMP : au-dessus du gamin maussade les propriétaires du douka * affichent fièrement leur allégeance !
* douka: (n.m.) boutique locale en torchis ou parpaings et toit en tôle ondulée. On y vend des doses de lessive ou de javel, des piles électriques, des clopes à l'unité, du riz par 25 kg, des sodas des Emirats qui vous donneraient le diabète rien qu'à regarder la cannette, des recharges de mobile ou de compteur électrique etc.
** "murmurant" : c'est une litote, pour le moins...
dimanche 14 septembre 2014
Kashikazi
Kashikazi ? C'est l'une des deux saisons à Mayotte, la saison des pluies...Juste quelques mots écrits devant Arte où un journaliste bobo de Paris est allé interviouver Yann Tiersen dans sa bicoque d'Ouessant pour "Metropolis". J'ai envie de traverser le Fromveur pour aborder à nouveau Enez Eussa (Ouessant) et quitter le continent.
Et envie aussi (aucun rapport, c'est la sécheresse ici) de poster cette photo-là d'un jour de déluge en mars ou avril 2011 à M'tsamboro près de la mosquée de vendredi. Un instant de grâce oublié sitôt pris. J'ai retrouvé cette image il y a peu, c'est sans doute celle que je préfère de celles prises à Mayotte. Qui veut un tirage ?
Et envie aussi (aucun rapport, c'est la sécheresse ici) de poster cette photo-là d'un jour de déluge en mars ou avril 2011 à M'tsamboro près de la mosquée de vendredi. Un instant de grâce oublié sitôt pris. J'ai retrouvé cette image il y a peu, c'est sans doute celle que je préfère de celles prises à Mayotte. Qui veut un tirage ?
mardi 18 février 2014
Le secret le mieux gardé ! Two Gayar !
"Le secret le mieux gardé de la France dans l'Océan Indien..."
C'est ainsi que le "Lonely Planet" qualifie la Réunion. Pour une fois que des "Aussies" disent des choses agréables sur les Froggies, ne boudons pas notre plaisir !
Juste quelques lignes pour alimenter ce blog: les tempêtes successives (Dirk, Petra, Qumeira et Ulla etc.) m'auront bien pourri la vie depuis Noël (inondation, réfugié à l'hôtel, camping dans un gîte dévasté puis panne d'élec' durant une quinzaine d'heures dans mon nouveau home impossible à chauffer etc.).
Ajoutons à cela, le fait d'avoir été viré par une propriétaire assez "désinvolte" peu après la crue du 23/XII (son neveu vivant un "divorce difficile" et devant donc prendre ma place) la Bretagne, j'adore pas du tout !
Bon, faut dire que j'avais été assez désinvolte aussi: pas de bail, ni d'état des lieux, ma parole donnée etc. (un de mes proches connaissant la dame). Mon retour dans ce "cher pays natal" n'aura donc vraiment pas été de tout repos.
J'aurais dû me méfier cependant de ma propriétaire vu son tropisme pour la Jacquerie anti-écotaxe...Les manifs des Bonnets Rouges où se retrouvent chômeurs, prolétaires à bout de souffle, petits patrons et dirigeants d'organisations agricoles ("apolitiques" comme il se doit mais "surtout pas de gauche") m' auront plombé encore un peu plus l'ambiance. Eh, non, Camarades ! Je ne partage pas leur vision confuse et simpliste d'une Bretagne victime de méchants fonctionnaires ou ministres vicieux à Paris et je maintiens que le Medef local et les cadors du lobby agricole productiviste ont bien intérêt à noyer le poisson et à utiliser les purotins locaux ("un peu" naïfs) comme piétaille sous les portiques "écotaxe". Patrons et système "pseudo-coopératif" auront bénéficié des décennies durant de subventions de l'Etat ou de la PAC mais savaient pertinemment que l'agro-business breton vivait sous perfusion et que la manne ne serait pas éternelle, qu'ils produisaient du bas de gamme pour ne pas dire de la merde et empoisonnaient rivières, bocage et bord de mer durablement...
Pour des mecs soi-disant soucieux de l'avenir de la Bretagne et du bien-être de sa population, c'est assez comique, non ? Et comme je n'ai pas, avec quelques potes, jeté Bébé Marx avec l'eau du bain ce genre de mouvement de "révolte" où toutes classes sociales confondues 'auraient" les mêmes intérêts me sembla d'emblée suspect. Quand les Pue-la-Sueur oublient la Lutte des Classes, ils se font toujours flouer: "Pa fout' domoun, vouzôtes ! " comme on dit en kreol La Renyo !
Vive La Réunion donc ! Lors de mon dernier séjour, de vieux prolétaires du PCR, au moment même où la voix de Stéphane Hessel se taisait, y témoignaient dans la Presse Quotidienne Régionale de leurs très justes luttes et de l'oppression subie jusqu'à la fin du siècle dernier, le XXème...
Nostalgie aussi de l'ascension du col du Taïbit, des ti-punchs sirotés à St Leu, des tapas de St Pierre et des rougails de Cilaos où d'ailleurs ! Je prendrais bien un billet pour St Denis à la fin du mois, tiens, si j'étais plus en fonds !
C'est ainsi que le "Lonely Planet" qualifie la Réunion. Pour une fois que des "Aussies" disent des choses agréables sur les Froggies, ne boudons pas notre plaisir !
Juste quelques lignes pour alimenter ce blog: les tempêtes successives (Dirk, Petra, Qumeira et Ulla etc.) m'auront bien pourri la vie depuis Noël (inondation, réfugié à l'hôtel, camping dans un gîte dévasté puis panne d'élec' durant une quinzaine d'heures dans mon nouveau home impossible à chauffer etc.).
Ajoutons à cela, le fait d'avoir été viré par une propriétaire assez "désinvolte" peu après la crue du 23/XII (son neveu vivant un "divorce difficile" et devant donc prendre ma place) la Bretagne, j'adore pas du tout !
Bon, faut dire que j'avais été assez désinvolte aussi: pas de bail, ni d'état des lieux, ma parole donnée etc. (un de mes proches connaissant la dame). Mon retour dans ce "cher pays natal" n'aura donc vraiment pas été de tout repos.
J'aurais dû me méfier cependant de ma propriétaire vu son tropisme pour la Jacquerie anti-écotaxe...Les manifs des Bonnets Rouges où se retrouvent chômeurs, prolétaires à bout de souffle, petits patrons et dirigeants d'organisations agricoles ("apolitiques" comme il se doit mais "surtout pas de gauche") m' auront plombé encore un peu plus l'ambiance. Eh, non, Camarades ! Je ne partage pas leur vision confuse et simpliste d'une Bretagne victime de méchants fonctionnaires ou ministres vicieux à Paris et je maintiens que le Medef local et les cadors du lobby agricole productiviste ont bien intérêt à noyer le poisson et à utiliser les purotins locaux ("un peu" naïfs) comme piétaille sous les portiques "écotaxe". Patrons et système "pseudo-coopératif" auront bénéficié des décennies durant de subventions de l'Etat ou de la PAC mais savaient pertinemment que l'agro-business breton vivait sous perfusion et que la manne ne serait pas éternelle, qu'ils produisaient du bas de gamme pour ne pas dire de la merde et empoisonnaient rivières, bocage et bord de mer durablement...
Pour des mecs soi-disant soucieux de l'avenir de la Bretagne et du bien-être de sa population, c'est assez comique, non ? Et comme je n'ai pas, avec quelques potes, jeté Bébé Marx avec l'eau du bain ce genre de mouvement de "révolte" où toutes classes sociales confondues 'auraient" les mêmes intérêts me sembla d'emblée suspect. Quand les Pue-la-Sueur oublient la Lutte des Classes, ils se font toujours flouer: "Pa fout' domoun, vouzôtes ! " comme on dit en kreol La Renyo !
Vive La Réunion donc ! Lors de mon dernier séjour, de vieux prolétaires du PCR, au moment même où la voix de Stéphane Hessel se taisait, y témoignaient dans la Presse Quotidienne Régionale de leurs très justes luttes et de l'oppression subie jusqu'à la fin du siècle dernier, le XXème...
Nostalgie aussi de l'ascension du col du Taïbit, des ti-punchs sirotés à St Leu, des tapas de St Pierre et des rougails de Cilaos où d'ailleurs ! Je prendrais bien un billet pour St Denis à la fin du mois, tiens, si j'étais plus en fonds !
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